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J’ai commis l’imprudence de m’inscrire à la quarantième édition de la fameuse course de montagne en terres valaisannes Sierre-Zinal, laquelle part de la petite ville de Sierre dans la vallée du Rhône et monte jusqu’au petit village de Zinal sur une distance de 31km et avec un dénivelé positif de 2,200m et un dénivelé négatif de 800m.

Sierre Zinal logo[Crédit: http://www.sierre-zinal.com ]

Profil Sierre-Zinal_source www.sierre-zinal.com

[Impression d’écran de http://www.sierre-zinal.com/f_profil.html ]

Si je me suis inscrit à la quarantième édition de cette course presque mythique — laquelle est aussi connue sous le nom de « Course des cinq 4,000 » en raison des cinq sommets de plus de 4,000m visibles depuis le parcours : le Weisshorn (4,506m), le Zinalrothorn (4,221m), la Dent Blanche (4,357m), l’Ober Gabelhorn (4,063m) et le Cervin (4,478m) –, c’est un peu pour rendre hommage à Jean-Claude Pont, son fondateur, lequel a un lien de famille avec la première petite amie que j’ai eue.

Ce mathématicien (détenteur d’un doctorat de l’EPFZ), ancien titulaire de la chaire « Histoire et philosophie des sciences » à l’Université de Genève et ancien guide de montagne, se décrit comme n’ayant pas « la mentalité du coureur au chrono » malgré ses 37 participations à la course qu’il a fondée !

Il avoue en revanche avoir « une passion, ou un enthousiasme pour l’effort physique, pour ce que ça apporte à la fois à la santé mentale, à la santé du corps, à l’amitié partagée entre tous ce gens qui partagent cette aventure, Sierre-Zinal, c’est une aventure » [entretien radiophonique avec la 1ère (RTS), diffusée le 9 août 2013].

Pour moi aussi, cela sera un peu une aventure car je ne connaîs ni le parcours ni me suis suffisamment entraîné (ma sortie la plus longue s’est faite aussi dans le Valais il y a deux semaines, de Riederalp à Fiesch via le lac Märjelen, mais sur une distance de seulement 25km). De plus, je me sens plutôt en méforme : j’ai eu beaucoup de peine hier soir en courant de mon domicile en direction d’Epalinges, de sorte que j’ai même écourté ma sortie. Néanmoins, pour me motiver, hier soir j’ai visionné des reportages sur … le Marathon des Sables. Je pense que lorsque j’éprouverai des difficultés demain le fait de me rappeler l’extrême degré de persévérance dont fit preuve l’ancien athlète olympique (aviron) britannique James Cracknell lors de sa participation au Marathon des Sables en 2010 (douzième avec seulement 45 jours de préparation !) me donnera un coup de fouet.

Depuis sa première édition, en 1974, cette course a non seulement attiré plus de 100,000 participants mais surtout la crème de la crème des coureurs/coureuses de montagnes. Chez les hommes, je vois mal comment la victoire pourrait échapper à Kilian Jornet vu sa très grande forme (nouveau record d’ascension/descente du Mont Blanc, pris à Pierre-André Gobet, victoires au Marathon du Mont Blanc, au Dolomites SkyRace 2013, etc) : ce sera donc une bataille pour la deuxième place entre le Valaisan César Costa (trois fois deuxième) et des coureurs tels que le Colombien José David Cardona, le Français Raymond Fontaine, l’américain Max King. A noter aussi que le détenteur de la course chez les hommes, le Néo-Zélandais Jonathan Wyatt, sera au départ de Sierre-Zinal. Chez les femmes, je crois que nous verrons le même trio que l’an passé, mais probablement dans un ordre différent de 2012 : la Française Aline Camboulives, l’Américaine Stevie Kremer et la Valaisanne Maude Mathys (en grande forme aussi) Pour d’autres noms, voir l’article consacré à la « Course des cinq 4,000 » sur le site américain I Run Far : Sierre Zinal 2013 preview.

Pour ma part, j’espère à la fois pouvoir faire moins de 5h30 et apercevoir le quadruple champion de cette course, l’américain Pablo Vigil, encourager les coureurs comme on le voit sur ce compte-rendu vidéo de l’édition 2012.

Pour terminer, je crois qu’il faille à nouveau laisser la parole au fondateur de la course Jean-Claude Pont, qui, dans un entretien accordé à l’émission de la Télévision Suisse Romande « Sport Dimanche » du 4 août,  et en réponse à la question de « qu’est-ce qu’on va chercher là-haut en participant à la course », décrit Sierre-Zinal comme étant

« une aventure d’abord, c’est une aventure personnelle, c’est un moment d’intimité avec soi-même … ces moments d’intimité avec soi-même sont rares. Il y a donc bien sûr l’idée d’aventure, il y a l’idée d’aller au fond de soi-même et on se trouve quand on fait ce genre d’effort dans un état psychologique très particulier, très bénéfique. Et si vous vous placez sur la ligne d’arrivée et que vous voyez des larmes dans les yeux des gens, ce n’est pas de la fatigue, c’est du bonheur »  […]  « il y a des réponses qui relèvent de la raison, de la rationalité, et qui viennent tout de suite à l’esprit, et il y en a d’autres, c’est la seule réponse valable que j’ai trouvée, qui viennent des forces de l’inconscient où des choses mystérieuses se passent et font que vous êtes bien, que vous êtes, que vous êtes différents, que vous avez engrangé des images, des viatiques pour les jours sombres de l’hiver »:

Course de Sierre-Zinal: cette célèbre course va célébrer ses 40 ans, www.rts.ch, 04 août 2013

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